Programme D « Le sujet comme objet »

Responsable
Sandrine Sorlin (PR)

Membres
Membres du programme à titre principal : Wilfrid Andrieu (MCF), Aurélie Ceccaldi (MCF), Jean-Louis Claret (MCF, HDR), Patrick Di Mascio (MCF HDR), Suzanne Fraysse (MCF), Adrian Harding (MCF), Valérie Kerfelec (MCF), Grégoire Lacaze (MCF), Monique de Mattia-Viviès (PR), Joanny Moulin (PR), Richard Phelan (MCF), Sandrine Sorlin (PR), Sophie Vallas (PR), Christine Zaratsian (PRAG), Sara Watson (MCF).

Membres du programme à titre secondaire : Nicolas Boileau (MCF), Linda Pillière (PR), Anne Reynes (MCF), Claire Sorin (MCF), Laurence Sterrit (MCF HDR), Jean Viviès (PR).

Doctorants: Laurence Benarroche, Célia Bourcy, Marion Fagot, Alexandra Feron, Florence Floquet, Marie Gourrut, Julia Kerninon, Nicolas Locks, Elise Mathurin, Jean Missud, Adel Nouar, Sylvie Perez-Waight, Brigitte Philippe, Maryam Thirriard, Alexandre Tremblay

Présentation

Le programme rassemble des thèmes qui s’intéressent à l’écriture du sujet ou à son inscription au cœur de pratiques diverses, qu’elles soient textuelles ou visuelles : sujet reconsidéré et saisi dans de nouvelles approches biographiques ou autobiographiques, sujet tout à la fois regardant et appréhendé par le regard de l’autre, sujet maître et manipulateur de son propre discours. Il s’agira d’envisager le sujet comme objet de recherche au sens large (sujet individuel ou collectif, humain ou non) – thème central dans les LSH actuelles – dans une perspective transversale qui fera dialoguer histoire, littérature, linguistique, stylistique, arts visuels, philosophie, anthropologie ou encore sociologie. La place du lecteur et du spectateur qu’assigne ou produit le discours tenu par ou sur le sujet est un élément essentiel à l’origine de processus de (dé)construction, de transgression, de représentation et de désignation, de visibilité et d’apparition que ce programme entend éclairer.

D1. Pratique et théorie de la biographie (resp. Joanny Moulin)
Membres du thème à titre principal : Joanny Moulin (PR), Patrick Di Mascio (MCF HDR)
Membres du thème à titre secondaire : Nicolas Boileau (MCF), Claire Sorin (MCF), Laurence Sterrit (MCF HDR), Sophie Vallas (PR), Jean Viviès (PR), Christine Zaratsian (PRAG).
Doctorants : Marion Fagot, Alexandre Tremblay, Maryam Thirriard
Collaborateurs bénévoles : Delphine Soulard, Tanya Tromble, Karyn Wilson Costa

L’objet de recherche est la biographie au sens large : non pas seulement comme genre littéraire, mais redéfinie comme pratique et théorie du « life-writing ». L’objectif est de proposer un développement et une théorisation de la biographie (life-writing) comme champ de recherche émergent et discipline carrefour des humanités. L’originalité du projet consiste à développer simultanément une pratique expérimentale et une théorie innovante du life-writing comme discipline transversale originale, basée sur la praxis, en s’appuyant sur certaines avancées récentes pour modéliser ce champ émergent, tout en ramenant l’étude de la biographie comme genre littéraire dans le périmètre plus large du life-writing comme discipline universitaire. La biographie s’est logiquement imposée comme un domaine des Humanités où certaines avancées de la connaissance se produisent. Pour des raisons historiques, l’anglistique constitue une discipline particulièrement propice pour entreprendre une contribution significative au mouvement international actuel par lequel le life-writing émerge comme une nouvelle discipline, basée sur la pratique et en cours de théorisation. Suite aux nombreuses réalisations détaillées plus haut (Société de Biographie, workshop, dépôt d’ERC, création d’un séminaire CRISIS, professeur invité en 2016...), le dépôt d’un projet A*MIDEX est envisagé.

D2. Nouvelles frontières du récit de soi (resp. Sophie Vallas)
Thème 2 (nouvelles frontières du récit de vie). Responsable : Sophie Vallas
Membres du thème à titre principal : Sophie Vallas (PR), Sara Watson (MCF)
Membres du thème à titre secondaire : Nicolas Boileau (MCF), Joanny Moulin (PR), Claire Sorin (MCF)
- Doctorants : Laurence Benarroche, Marie Gourrut, Adel Nouar, Sylvie Perez-Waight
- collaborateur bénévole : Julia Kerninon

Les chercheurs regroupés dans ce thème se proposent d’explorer les multiples visages de l’écriture de soi, depuis les textes autobiographiques jusqu’aux textes autofictionnels, en passant par les écrits du quotidien (journaux) ou encore par les formes mêlant écriture personnelle et professionnelle, que la récente notion d’ego-histoire, par exemple, a pu encourager. Il s’agira donc d’étudier les diverses façons dont l’écriture de soi n’a cessé de souligner sa propre impossibilité, de jouer avec ses limites et de chercher de nouvelles frontières. Plutôt que le genre de l’écriture autobiographique (de nombreux travaux ont déjà été faits sur le sujet), c’est plutôt la figure de l’autobiographe/de l’autofictionaliste qui se trouvera au cœur des travaux de ce thème : Quel auteur est-il ? Comment se conçoit-il ? Qu’écrit-il d’autre et comment les différents textes s’articulent-ils ? Comment articule-t-il le récit de soi avec sa vie professionnelle ? Un deuxième volet de la réflexion portera sur le chercheur qui travaille sur le récit de soi : Quel chercheur s’y intéresse ? Comment parle-t-on des autobiographes, comment travaille-t-on sur ces textes (autobiographies, autofictions, journaux…) ? Par exemple, peut-on écrire une biographie d’un autobiographe, est-ce que cela a un sens ? Comment écrit-on sur un autobiographe, quel impact ce sujet précis a-t-il sur l’écriture ?

D3. Subjectivité et construction du visible (resp. Jean-Louis Claret et Richard Phelan)
Membres du thème à titre principal : Jean-Louis Claret (MCF, HDR), Suzanne Fraysse (MCF), Richard Phelan (MCF), Christine Zaratsian (PRAG)
Membres du thème à titre secondaire : Anne Reynes (MCF)

Ce thème s’intéresse aux diverses déclinaisons du visible. Il interroge donc principalement les œuvres conçues pour être proposées au regard et il y est assurément question de peinture, de photographie, de sculpture et d’installations. Le théâtre y trouve tout naturellement sa place puisqu’il est, par excellence, le lieu où l’on voit ; quant au roman il peut être convoqué lui aussi lorsque l’ekphrasis élabore un regard interne accessible à l’œil de l’esprit. L’axe de travail est multiple puisqu’il s’inscrit dans l’amont et l’aval des œuvres considérées. La prise en compte de leurs destinataires est un aspect majeur de la démarche adoptée, ce qui la rattache aux théories de l’esthétique de la réception développées par l’École de Constance dans les années 1970 (travaux de H.J. Jauss). Mais il est aussi question du regard anticipé par le créateur et donc de ce qu’il est possible d’appeler la « pré-histoire » de sa création. Entre l’amont et l’aval de l’œuvre se tient l’œuvre elle-même qui invite à s’interroger sur la visibilité et sur les moyens de la créer, la déchiffrer, l’afficher, et l’utiliser.

D4. Style(s) et Représentation(s) : l’inévitable sujet (resp. Monique De Mattia-Viviès et Sandrine Sorlin)
Membres du thème à titre principal : Wilfrid Andrieu (MCF), Aurélie Ceccaldi (MCF), Valérie Kerfelec (MCF), Monique de Mattia-Viviès (PR), Grégoire Lacaze (MCF), Sandrine Sorlin (PR)
Membres du thème à titre secondaire : Linda Pillière (PR)
Doctorants : Célia Bourcy, Alexandra Feron, Florence Floquet, Nicolas Locks, Elise Mathurin, Jean Missud, Brigitte Philippe

Ce thème a pour objectif de proposer une théorisation linguistique et pragmatique de la façon dont le soi et l’autre sont construits discursivement (à travers la manipulation de l’autre, la mise en valeur de soi, la tromperie, mais aussi le rapport/la représentation des paroles et des pensées d’autrui). En s’appuyant sur des outils issus de la narratologie, de la linguistique, de la pragmatique et de la stylistique, le thème s’intéresse en effet à diverses formes de manipulation de la langue dans le discours littéraire et non littéraire. Il cherche en particulier à mettre en évidence les techniques variées de la représentation du discours (le discours direct à travers les genres et les langues et les multiples transgressions qu’il peut générer par exemple mais aussi les formes indirectes de report des paroles jusqu’aux cas limites où la syntaxe se défait) ainsi que les techniques de représentation de la pensée. L’étude des liens entre langage et pensée pourra prendre une dimension diachronique (à chaque époque, quels choix linguistiques et stylistiques sont opérés pour mettre en mot la réalité psychique intérieure ?), mettant en lumière la complexification des formes de représentation de la pensée au fil du temps. Ce thème se concentre également sur de nouvelles formes romanesques apparues plus récemment, mettant en jeu des pronoms inhabituels (we, you, they) qui sont autant de possibilités nouvelles de représentation de la conscience.